Bien prévenir les chutes en hauteur sur les chantiers

le 27 octobre 2022


Érection de structures, finition et rénovation de murs extérieurs, installation de toitures, dès qu’un chantier nécessite du travail en hauteur, prévenir les chutes devient un enjeu majeur pour les entreprises et leurs travailleurs.

D’autant plus que les chutes demeurent la cause de décès numéro un chez les ouvriers et entrepreneurs de la construction en Amérique du Nord.

Quelles sont vos responsabilités en tant qu’employeur et comment bien planifier le travail en hauteur pour minimiser le risque de chutes pour vos travailleurs? Faisons le tour de la question.

 

Les chutes : un accident de travail lourd de conséquence

Les conséquences d’une chute de plus de trois mètres sont loin d’être banales : fractures multiples, déchirures, entorses, foulures et même décès.

D’où l’importance d’une bonne planification des travaux en hauteur avant même le début du chantier.

Comme employeur, vous serez doublement gagnant : vous vous assurerez que vos employés travaillent de manière sécuritaire tout en réduisant les risques de voir votre chantier interrompu par un accident qui aurait pu être évité.

 

La responsabilité partagée en matière de prévention des chutes

Comme employeur vous êtes responsable de former vos employés, de leur fournir l’équipement de protection nécessaire à leur sécurité et de suivre rigoureusement l’application des mesures mises en place.

Lorsqu’un travailleur est exposé à un danger de chute de plus de trois mètres, vous devez installer des garde-corps pour empêcher la chute ou utiliser un autre moyen assurant une sécurité équivalente.

Ce n’est pas possible? Vous devez vous assurer que le travailleur utilise un harnais relié à un point d’ancrage prévu à cet effet à l’aide d’une liaison antichute.

S’il y a manquement à cette règle, qu’il vienne de l’employeur ou des travailleurs, la CNESST arrêtera les travaux et les fautifs seront passibles de poursuites pénales.

Comme employeur, tout constat d’infraction à la Loi sur la santé et sécurité du travail pourrait également vous faire écoper d’amendes élevées.

De leur côté, vos employés doivent prendre les mesures nécessaires pour protéger leur sécurité et appliquer rigoureusement les mesures préventives mises en place par vous.

 

La planification : clé essentielle pour prévenir les chutes

Pour bien planifier le travail en hauteur, assurez-vous de passer à travers les étapes suivantes :

  1. Évaluez les risques : avant le début des travaux, notez tous les éléments présentant un risque de chute, que ce soit dans l’environnement de travail (inclinaison de la surface de travail, obstacles, etc.), dans la tâche à effectuer (travaux de couverture, utilisation d’une échelle, etc.) ou chez l'individu effectuant celle-ci (formation, expérience de travail, etc.).
  2. Contrôlez les risques : selon votre analyse, mettez maintenant en place des moyens de protection et mesures de sécurité efficaces pour réduire au minimum les risques de chute.
  3. Élaborez votre programme de prévention sur trois niveaux :
    1. lorsque possible, éliminez les dangers à la source en trouvant, par exemple, des moyens d’effectuer les travaux à partir du sol ou d’une hauteur peu élevée ou de réaliser certaines parties du travail à l’aide de technologie comme les drones;
    2. empêchez les chutes en installant des moyens de protection collective pour protéger vos travailleurs;
    3. arrêtez et diminuez les conséquences des chutes en offrant à vos travailleurs des équipements de protection individuelle lorsque nécessaire.

 

Des équipements indispensables au travail en hauteur

Travail en hauteur rime bien sûr avec équipement spécialisé. Certains équipements sont nécessaires au travail, comme les échelles, escabeaux et échafaudages.

D’autres équipements visent spécifiquement à prévenir les chutes et à protéger les travailleurs contre celles-ci. En voici quelques exemples pouvant être utiles sur vos chantiers :

  • une surface de recueil, comme un filet, pour limiter les chutes;
  • un équipement de protection individuelle, comme un harnais, combiné à un moyen de positionnement utilisé par le travailleur, comme un madrier sur équerres, une longe de positionnement ou une plateforme;
  • une ligne d’avertissement installée pour délimiter une zone de travail se situant à deux mètres ou plus de tout endroit où un travailleur pourrait faire une chute en hauteur;
  • des appareils conçus pour le levage des travailleurs, comme les plateformes élévatrices. Contrairement à une échelle, celles-ci procurent un plancher de travail stable et sécuritaire en plus d’entourer le travailleur de garde-corps et de lui offrir une position de travail plus confortable.

Quels que soient les équipements utilisés sur vos chantiers, n’oubliez pas qu’ils doivent être utilisés, assemblés et installés adéquatement, ainsi qu’être inspectés et entretenus régulièrement et attentivement!

 

Protection contre les chutes : éduquez les ouvriers !

Vous aurez beau tout mettre en œuvre pour réduire les risques d’accident de travail à la source sur vos chantiers et doter vos travailleurs des meilleurs équipements de protection, ce sont justement vos travailleurs qui seront au front.

Ils doivent donc être bien informés sur les méthodes sécuritaires à employer, puis formés pour utiliser les équipements de manière sécuritaire et savoir respecter les mesures préventives et les règles de sécurité mises en place.

Encouragez-les à se doter de bons réflexes : avertir leur superviseur des risques de chutes observés ou imprévus avant de poursuivre leur travail, inspecter leur équipement antichute individuel avant chaque utilisation et aviser leur superviseur de tout bris ou défectuosité, et bien sûr, porter et utiliser adéquatement tout équipement de protection déterminé par l’employeur comme approprié pour leur travail.

Avec une bonne planification des travaux en hauteur et l’accompagnement adéquat de vos travailleurs, vous serez à même de minimiser les risques de chute sur vos chantiers!

Ces Informations Professionnelles sont présentées uniquement à des fins éducationnelles et culturelles et ne sauraient être interprétées comme traitement ou action spécifique individualisée à une personne.

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