Protéger adéquatement les travailleurs exposés à l’amiante

le 30 janvier 2023


Sur les chantiers de construction, l’amiante est l’un des contaminants présentant un risque sérieux pour la santé des travailleuses et travailleurs.

En effet, bien que la vente, l’importation et l’utilisation de l’amiante et des produits en contenant soient interdites par le gouvernement fédéral depuis le 30 décembre 2018, on trouve encore souvent des matériaux et produits qui en contiennent dans les bâtiments industriels, commerciaux, publics ou résidentiels.

Si ces matériaux et produits sont en mauvais état ou si votre équipe est responsable d’enlever ou de travailler ceux-ci, des fibres d’amiante peuvent s’en détacher et exposer quiconque les respire à de graves maladies.

Examinons donc comment mettre en place un programme de protection respiratoire efficace pour bien protéger vos employés.

 

Désamiantage, travaux et compagnie

En plus de la démolition de constructions issues de l’époque de l’amiante, nombreux sont les travaux à risque d’exposition aux poussières d’amiante sur les chantiers :

  • retrait de revêtements intérieurs contenant de l’amiante (plâtre, crépi, stuc, etc.;
  • sciage, découpage et perçage de matériaux en contenant (carreaux de vinyle, carreaux d’isolation acoustique, tuyau en amiante-ciment, etc.);
  • retrait d’isolants thermiques ou acoustiques en contenant;
  • recouvrement d’un matériau friable en contenant.

 

Amiante : tolérance zéro et prévention !

L’exposition aux poussières d’amiante peut avoir de lourdes conséquences : maladies pulmonaires (amiantose, mésothéliome, cancer du poumon ou du larynx) et troubles respiratoires allant de l’essoufflement à l’effort aux douleurs thoraciques et à la toux, pouvant mener à une déficience respiratoire grave, voire au décès.

En tant qu’employeur, vous êtes responsable de mettre en place des mesures de prévention et de protection, dont certaines sont même exigées par la loi.

Pour travailler sécuritairement, vous êtes responsable de :

  • vérifier la présence et déterminer le type et la quantité d’amiante présente AVANT d’entreprendre un travail susceptible d’émettre de la poussière d’amiante;
  • fournir gratuitement à vos travailleurs un appareil de protection respiratoire approprié au niveau de risque (faible, modéré ou élevé) des travaux à effectuer.

En cas de manquement à ces règles, la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) arrêtera les travaux et vous pourriez être passible de poursuites pénales. Raison de plus pour bien connaître vos obligations!

Selon la situation, vous devrez également prendre certaines mesures supplémentaires pour réduire l’exposition de vos travailleurs, par exemple : 

  • mouillage des matériaux,
  • système de ventilation,
  • confinement de l’aire de travail,
  • vêtement de protection,
  • etc.

 

L’art de la protection respiratoire

Pour les travailleurs œuvrant sur les chantiers à risque, porter un appareil de protection respiratoire (APR) est nécessaire.

Un programme de protection respiratoire conforme à la norme CSA Z94.4-11 doit alors être mis en place. Celui-ci doit contenir les éléments suivants :

  • rôles et responsabilités;
  • évaluation des dangers;
  • choix d’un APR certifié par le National Institute for Occupational Safety and Health et approprié aux tâches à effectuer sur le chantier;
  • formation;
  • essais d’ajustement (à faire, au moins tous les deux ans et si des changements à la morphologie du visage surviennent, pour tout appareil nécessitant un joint étanche avec le visage : demi-masque, masque complet ou cagoule étanche);
  • utilisation des appareils;
  • nettoyage, inspection, entretien et entreposage des appareils;
  • surveillance de la santé des travailleurs;
  • évaluation du programme;
  • tenue des registres liés avec la gestion sécuritaire de l’amiante.

Voici les principaux types d’APR sur le marché :

  • Appareils à épuration d’air : ils purifient l’air contaminé de la zone de travail. Ils peuvent utiliser la force inspiratoire du travailleur pour faire traverser l’air dans le milieu épurant (non motorisé) ou une ventilation assistée (une pompe aspire l’air du milieu de travail pour le faire passer au travers d’un élément d’épuration éliminant les contaminants). Ce sont ces derniers qui sont utilisés sur les chantiers de désamiantage.
     
  • Appareils à approvisionnement d’air : ceux-ci utilisent ​une source d’air propre pour alimenter la pièce faciale. Ils peuvent être à adduction d’air ou autonomes et sont plus fréquemment utilisés dans le secteur de la carrosserie automobile, par l’industrie minière et par les pompiers.

Pour choisir les APR appropriés aux différentes tâches à exécuter sur votre chantier, assurez-vous de vous référer aux normes et mesures existantes sur ce plan.

 

Sensibiliser les travailleurs exposés aux poussières d’amiante

Les tâches exposant vos ouvriers aux poussières d’amiante étant particulièrement nombreuses sur un chantier de construction, il est essentiel d’inclure à votre programme un volet de sensibilisation.

Avant d’entreprendre tout travail dans un environnement où l’amiante est présent, les travailleurs doivent obligatoirement avoir suivi une formation sur les risques et les méthodes de prévention et de travail sécuritaires à adopter en présence d’amiante.

Dans le cadre de son programme de protection respiratoire, l’employeur doit expliquer à ses travailleurs et s’assurer qu’ils comprennent bien comment fonctionne l’APR qui doit être utilisé, comment l’utiliser et les raisons pour lesquelles il est nécessaire de le porter.

De 1930 à environ 1990, l’amiante et les matériaux en contenant étaient utilisés allègrement sur les chantiers de construction. C’est dire combien les travailleurs de l’industrie y sont exposés!

Pour protéger la santé de tous, en plus de fournir des équipements de protection respiratoire appropriés, pensez également à la prévention, au respect de la réglementation et à la sensibilisation.

Ces Informations Professionnelles sont présentées uniquement à des fins éducationnelles et culturelles et ne sauraient être interprétées comme traitement ou action spécifique individualisée à une personne.

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